Michel Depin est passionné de peinture depuis toujours. Après des études scientifiques en France et aux Etats-Unis il mène  une carrière d’ingénieur. Parallèlement à son travail, il entreprend en 1980 un cursus d’études qui le conduit de la Maison de la culture de Neuilly et des Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris à la Scuola di Grafica et à la Bottega Tintoretto de Venise.

ll pratique la figuration à l’occasion de carnets de croquis lors de  nombreux voyages et de séjours à Venise. Mais sa passion, son moyen d’expression privilégié reste une abstraction qui prend ses sources dans l'abstraction lyrique des années cinquante, de Staël et de Kooning entre bien d’autres.

Admirateur de la peinture du XVIIe siècle, il considère qu’il n’y a pas de différence entre la peinture moderne et la peinture classique. Il n’y a que la peinture qui s’appuie sur un langage plastique, à savoir utiliser des couleurs, des formes et des jeux de lumière offrant des possibilités infinies et subtiles  permettant au peintre d’exprimer ses sentiments les plus profonds sans passer par une figuration, une formulation qui ne sauraient que détourner, voire trahir, son intime et indicible message. Le peintre abstrait porte en quelque sorte sa Polynésie à l’intérieur de lui et, juste retour des choses, sa peinture va toucher le spectateur au plus profond de son être. Les titres sont alors inutiles et leur absence contribue à laisser le spectateur libre d'accueillir son propre ressenti devant  la peinture.

La peinture doit nous apporter la beauté, une prise de conscience et provoquer en nous un émerveillement devant la vie. Mais elle doit aussi parler à cette inquiétude qui nous accompagne et exprimer même des peines, des oppositions, voire des crises et des combats. Une peinture qui n’évoquerait que le bonheur serait vite ennuyeuse, de même une peinture qui n'exprimerait que notre angoisse existentielle.

 

L’espace pictural est un mur,  mais tous les oiseaux du monde 
y volent librement.


Nicolas de Staël